Casques de ski et de planche à neige

Les skieurs et les surfeurs des neiges sont-ils exposés à un risque de traumatisme crânien?

Une étude internationale, dont le Canada a fait partie, a conclu que les traumatismes crâniens constituaient la cause la plus commune de décès chez les skieurs et les surfeurs des neiges. Les traumatismes cérébraux sont responsables de 50 à 88 % des décès survenant dans les stations de ski 1 et de 67 % des décès chez les enfants skieurs.2 Les traumatismes crâniens représentent, quant à eux, de 3 à 15 % de l'ensemble des blessures subies par les skieurs et les surfeurs des neiges.1

Enfants portant un casque et des lunette font du ski

Les skieurs et les surfeurs des neiges débutants sont les plus enclins à subir des blessures; toutefois, les surfeurs des neiges débutants sont encore plus enclins à subir de graves traumatismes crâniens.1 Les traumatismes crâniens et les blessures au cou sont plus fréquents chez les enfants et les adolescents que chez les adultes, ce qui peut être attribuable à un certain nombre de facteurs particuliers aux enfants. Les muscles et les os des enfants, n'étant pas parvenus à maturité, peuvent entraîner davantage de chutes et se fatiguent plus rapidement lorsqu'ils pratiquent une activité physique. De plus, les enfants portent souvent un équipement de ski inapproprié en raison de leur croissance continue d'une saison de ski à l'autre.3

Quel type de traumatisme crânien peut survenir?

De façon générale, on observe une augmentation du nombre de traumatismes crâniens et médullaires.1 La plupart des traumatismes crâniens (83 %) sont des commotions.6 Les commotions représentent 9,6 % des blessures subies par les skieurs, 14,7 % des blessures subies par les surfeurs des neiges et 5,7 % des blessures subies par les adeptes du miniski. Chez les skieurs comme chez les surfeurs des neiges, les traumatismes cérébraux constituent la principale cause de décès.On estime que de 50 à 88 % des décès qui surviennent sur les pentes de ski peuvent être associés aux traumatismes cérébraux.1

Le port du casque protège-t-il réellement le skieur ou le surfeur des neiges?

De nombreuses études ont démontré l'efficacité des casques de ski et de planche à neige dans la prévention des traumatismes crâniens.1 On estime que sur dix personnes portant un casque, jusqu'à cinq d'entre elles pourraient éviter un traumatisme crânien.4 Des études démontrent également que même à une vitesse de 19 km/h, un casque de ski peut contribuer à réduire les lésions cérébrales subies.1 On a également démontré que le port du casque de ski et de planche à neige n'augmente pas le risque de blessure au cou.5

Les skieurs qui portent le casque adoptent-ils un comportement plus risqué?

Les preuves sont mitigées en ce qui concerne le lien entre la prise de risques et le port du casque. Certaines études réalisées sur le sujet n'ont démontré aucun lien entre la prise de risques et le port du casque, tandis que d'autres ont mené à la conclusion que les skieurs qui portaient un casque faisaient preuve d'une plus grande prudence.6, 8 Des études semblables portant sur les cyclistes et les joueurs de hockey ont conclu que l'usage d'un casque ou d'équipement de sécurité n'incitait pas à l'adoption d'un comportement plus risqué.9, 10

Quelle est l'importance de l'ajustement adéquat du casque?

Pour qu'un casque puisse bien protéger un adulte ou un enfant, il doit être ajusté et attaché adéquatement. Le casque de ski ou de planche à neige doit être installé de façon à laisser un espace d'une largeur correspondant à deux doigts au-dessus des sourcils, et être bien ajusté et confortable, avec un espace de la largeur d'un seul doigt entre le menton et la jugulaire (courroie au niveau du menton). Les coussinets du casque doivent être en contact avec les joues et le front, tandis que l'arrière du casque ne doit pas toucher la nuque. Si l'on porte des lunettes de ski, il doit y avoir peu ou pas d'espace entre le haut des lunettes et le casque. La plupart des casques sont accompagnés de consignes d'ajustement.

Quand doit-on remplacer un casque de ski ou de planche à neige?

Lorsqu'un casque a été échappé, ou que son utilisateur a été impliqué dans une chute ou une collision alors qu'il le portait, il faut en acheter un nouveau, même s'il semble intact.

L'utilisation d'un casque usagé est-elle sécuritaire?

On ne recommande pas l'utilisation d'un casque usagé. Il est difficile de déterminer, pour un casque déjà utilisé par une autre personne, le nombre d'accidents dans lesquels il a été impliqué, s'il y a lieu, ainsi que son âge. On doit remplacer tout casque ayant subi une collision ou étant âgé de plus de cinq ans. Le plastique entrant dans la composition des casques de sécurité perd, au fil du temps, son intégrité et sa capacité à bien protéger l'utilisateur, même lorsqu'il semble intact. De plus, les casques plus anciens peuvent ne plus être conformes aux normes de sécurité actuelles, ou être incomplets ou brisés.

Quelles sont les normes canadiennes actuelles en matière de casques de sécurité?

Les casques vendus au Canada doivent être homologués par le CE, Snell ou l'ASTM. On les désigne sous le nom de casques à impact unique. En 2008, l'Association canadienne de normalisation (CSA) a publié une nouvelle norme concernant un casque de ski et de planche à neige à impacts multiples. Toutefois, aucun casque portant le sceau de la CSA n'est actuellement disponible, puisqu'aucun n'est actuellement conforme à sa norme.

Quels sont les casques recommandés pour la traîne sauvage?

Les experts recommandent le port d'un casque de ski ou de planche à neige lors de la pratique de la traîne sauvage. Étant donné que la descente en traîne sauvage peut causer des blessures semblables, le port d'un casque de ski ou de planche à neige est tout indiqué dans le cadre de la pratique de cette activité. Il est important de vérifier l'homologation CSA, CE, Snell ou ASTM lors du choix d'un casque.

Le port obligatoire du casque dans le cadre des sports alpins pourrait-il avoir pour effet de décourager la pratique de ces activités?

Les personnes qui aiment prendre part à des activités particulières ne semblent pas être découragées par les normes en matière d'utilisation d'équipement de sécurité. Les études canadiennes portant sur les lois sur le port obligatoire du casque de cycliste ont démontré que les enfants n'ont aucunement réduit la fréquence de leurs activités de cyclisme à la suite de la mise en application des lois sur le port du casque.11 Le hockey récréatif nécessite également le port du casque et demeure un sport d'hiver fort populaire au Canada.

Pourquoi l'organisme Parachute est-il en faveur de l'adoption de lois sur le port obligatoire du casque pour les enfants?

Les traumatismes crâniens sont la principale cause de décès chez les skieurs et les surfeurs des neiges; il a également été démontré de façon claire que les lois obligeant les cyclistes à porter le casque ont contribué à réduire le nombre de traumatismes crâniens subis. Parachute travaille en collaboration avec les intervenants appropriés du secteur du ski et de la planche à neige afin d'élaborer une approche efficace et réaliste visant à réduire le nombre de blessures subies dans le cadre de la pratique du sport.12

Serait-il difficile de faire appliquer le port obligatoire du casque sur les pentes de ski?

L'adoption de lois sur le port obligatoire du casque nécessite une approche coopérative entre les exploitants de stations de ski et le gouvernement. Un certain nombre de stratégies pourraient être mises au point. Par exemple, le port du casque pourrait devenir une condition à l'usage des télésièges sur les pentes de ski. Les exploitants de stations de ski du Canada pourraient mettre en œuvre une politique du type « pas de casque, pas de télésiège ». Cela pourrait encourager l'adoption du port du casque sur les pentes de ski en tant que pratique standard.

Notes de fin d'ouvrage

1 Ackery A, Hagel BE, Provvidenza C, Tator CH. An international review of head and spinal cord injuries in alpine skiing and snowboarding. Injury Prevention 2007;13(6):368-75.
2 Xiang H, Stallones L, Smith GA. Downhill skiing injury fatalities among children. Injury Prevention 2004;10(2):99-102.
3 Meyers MC, Laurent CM, Jr., Higgins RW, Skelly WA. Downhill ski injuries in children and adolescents. Sports Medicine 2007;37(6):485-99.
4 Russell K, Christie J, Hagel BE. The effect of helmets on the risk of head and neck injuries among skiers and snowboarders: a meta-analysis. CMAJ 2010;182(4):333-40.
5 Hagel BE, Russell K, Goulet C, Nettel-Aguirre A, Pless IB. Helmet use and risk of neck injury in skiers and snowboarders. American Journal of Epidemiology 2010;171(10):1134-43.
6 Hagel BE, Pless IB, Goulet C, Platt R, Robitaille Y. The effect of helmet use on injury severity and crash circumstances in skiers and snowboarders. Accident Analysis & Prevention 2005;37(1):103-8.
7 Sulheim S, Holme I, Ekeland A, Bahr R. Helmet use and risk of head injuries in alpine skiers and snowboarders. JAMA 2006;295(8):919-24.
8 Scott MD, Buller DB, Andersen PA, Walkosz BJ, Voeks JH, Dignan MB, et al. Testing the risk compensation hypothesis for safety helmets in alpine skiing and snowboarding. Injury Prevention 2007;13(3):173-7.
9 Benson BW, Mohtadi NG, Rose MS, Meeuwisse WH. Head and neck injuries among ice hockey players wearing full face shields vs half face shields. JAMA 1999;282(24):2328-32.
10 Lardelli-Claret P, de Dios Luna-del-Castillo J, Jimenez-Moleon JJ, Garcia-Martin M, Bueno-Cavanillas A, Galvez-Vargas R. Risk compensation theory and voluntary helmet use by cyclists in Spain. Injury Prevention 2003;9(2):128-32.
11 Macpherson AK, Parkin PC, To TM. Mandatory helmet legislation and children's exposure to cycling. Injury Prevention 2001;7(3):228-30.
12 Macpherson AK, Spinks A. Bicycle helmet legislation for the uptake of helmet use and prevention of head injuries. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008(3):CD005401.