Cyclisme en sécurité

Quelle est la popularité du cyclisme?

Le cyclisme est un mode d'exercice commun et un moyen de transport actif. Selon l'Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie, en 2004, 88 pour cent des enfants canadiens possédaient un vélo.1 Pour les enfants, un vélo peut être synonyme d'indépendance et de mobilité. Comparativement à d'autres moyens de transport actif, le cyclisme est très accessible en raison du coût relativement bas d'un vélo et d'un casque.

Quelles sont les causes de blessures à vélo chez les enfants?

La plupart des blessures à vélo chez les enfants sont dues à la vitesse excessive atteinte par la victime, à son manque d'expérience dans le contrôle du vélo et à l'absence d'équipement de protection.2

Pourquoi les enfants sont-ils susceptibles de se blesser à vélo?

Les jeunes enfants sont en plein développement de leurs habiletés motrices, ce qui les expose à des chutes tandis qu'ils apprennent à maîtriser leur vélo. Des habiletés motrices globalement faibles peuvent également entraîner des chutes. Ces facteurs sont aggravés par le centre de gravité élevé des enfants, ce qui rend le maintien de l'équilibre plus difficile, surtout au moment de manœuvrer le vélo et de négocier des virages.

Les enfants de moins de 10 ans n'ont pas le jugement et les capacités nécessaires pour éviter les obstacles, dont les cyclistes, les piétons et d'autres cyclistes. Avant l'âge de 10 ans, les enfants n'ont pas tendance à bien saisir les risques présentés par la circulation. Ils ont davantage tendance à se montrer impulsifs et distraits en jouant, et ils ne sont pas en mesure de tenir compte des diverses variables nécessaires au contrôle de leur vélo ou d'autres véhicules à roues sur la route.3

Les enfants de 10 à 14 ans traversent une période de croissance et de développement rapides. Ainsi, les enfants de cette catégorie d'âge pourraient avoir une mauvaise perception de leur taille et de la forme de leur corps, et des conséquences des comportements à risque. Parallèlement, ayant maîtrisé les fondements de nombreuses habiletés motrices, ils se sentent assez confiants pour tenter des acrobaties à grande vitesse et des manœuvres compliquées.2

Quels types de blessures les enfants à vélo subissent-ils?

Vingt-neuf pour cent des visites au service des urgences pour les blessures subies par des enfants à vélo peuvent être attribuées à des fractures. Onze pour cent des blessures graves et des décès associés aux enfants cyclistes impliquent des collisions avec des véhicules à moteur. Les blessures les plus graves touchent la tête et le cerveau, et même les traumatismes crâniens d'apparence anodine peuvent causer des lésions cérébrales permanentes. Huit pour cent des blessures subies par les enfants à vélo entraînent une lésion cérébrale.3

Pourquoi est-il important de porter un casque de vélo?

Le crâne humain a une épaisseur d'environ un centimètre, et peut être fracassé par un impact se produisant à seulement 7 à 10 km/h.4 Les jeunes cyclistes se déplacent à des vitesses moyennes de 11 à 16 km/h.5
Un casque correctement ajusté évite à la tête d'absorber la force de l’impact d’un accident ou d’une chute, ce qui peut réduire jusqu'à 85 % le risque de traumatisme crânien et cérébral grave.6, 7 Cela signifie que quatre traumatismes crâniens sur cinq pourraient être évités si chaque cycliste portait un casque.

Les casques peuvent-ils réduire les risques de traumatisme crânien lorsqu'un cycliste est impliqué dans un accident avec un véhicule?

Il existe une certaine perception du public que les casques ne peuvent pas assurer une protection en cas d'accidents impliquant des véhicules à moteur. On a toutefois prouvé l'efficacité des casques dans la prévention des traumatismes crâniens dans le cadre de chutes et d'accidents de tous types.6-8

Quelles normes sur les casques sont en vigueur au Canada?

Les casques vendus au Canada sont certifiés par la CSA (Association canadienne de normalisation), la CPSC (Consumer Product Safety Commission), Snell, ou l'ASTM (American Society for Testing and Materials).

La loi parvient-elle à réduire le nombre de blessures subies par les enfants?

On a démontré que les lois rendant obligatoire le port du casque pour les cyclistes parvenaient très efficacement à faire augmenter le nombre d'enfants et d'adultes portant le casque. Une augmentation du port du casque devrait diminuer le nombre de traumatismes crâniens graves chez les enfants canadiens.9, 10 L'éducation isolée est moins efficace pour l'augmentation du port du casque cycliste.

En quoi consistent certaines des attitudes comportementales vis-à-vis des casques et autres équipements de protection?

Les enfants âgés de 10 à 14 ans ont le moins tendance à porter le casque et d'autres équipements de protection (comparativement aux enfants plus jeunes). De nombreuses recherches ont été menées pour identifier les obstacles au port du casque chez les enfants plus âgés et les adolescents. Les raisons les plus fréquemment invoquées étaient que le casque était inconfortable et qu'il n'avait pas l'air « cool ».11, 12 D'autres facteurs contributifs comprennent la non-possession d'un casque, l'ajustement non convenable, l'acceptation des pairs, et la non-perception des dangers associés au fait de ne pas porter de casque. Certains enfants fondaient leur décision quant au port du casque sur la durée et la destination de leur trajet en vélo. Par exemple, ils ne portaient pas de casque lorsqu'ils allaient non loin de la maison, ou dans une rue perçue comme ne présentant aucun danger. Les adolescents percevaient le risque de blessure comme étant plus grand dans le cas d'une collision avec un véhicule à moteur que dans celui d'une chute de vélo sans collision. Les amis, les parents, la loi, et les considérations personnelles concernant la sécurité sont cités comme influences positives contribuant au port du casque.11, 12

À partir de quel âge les enfants peuvent-ils faire du vélo en sécurité sur la route?

Parachute recommande que les enfants de moins de 10 ans s'abstiennent de faire du vélo sur la route. Manœuvrer un vélo à proximité de véhicules à moteur requiert un ensemble complexe d'habiletés que les enfants développent progressivement entre les âges de 10 à 14 ans. Ils doivent être en mesure d'équilibrer leur vélo, de donner les signaux d'usage, tout en tenant compte des véhicules. Le cerveau de l'enfant ne peut gérer cette combinaison de capacités physiques et cognitives avant l'âge d'au moins 10 ans.13 La capacité de jongler avec ces tâches en présence de circulation routière peut être encore davantage mise à l'épreuve dans les situations présentant un risque élevé.

L'augmentation de la visibilité des cyclistes réduit-elle le risque de blessures?

Une mauvaise visibilité augmente le risque d'accident pour tous les usagers de la route. Les éléments améliorant la visibilité peuvent avoir une influence positive sur la détection et la reconnaissance des cyclistes et des piétons par les conducteurs, ainsi que leur réaction en présence de ceux-ci. Les matériaux fluorescents de couleur jaune, rouge et orange peuvent améliorer la détection par le conducteur le jour. Les phares, les feux clignotants et les matériaux rétroréfléchissants rouges et jaunes, ou encore un motif à « bio-mouvement », peuvent attirer son attention la nuit. Bien qu'il n'existe actuellement aucune preuve qu'une visibilité améliorée entraîne une réduction du nombre de décès et de blessures graves, les éléments améliorant la visibilité rehaussent réellement la perception des cyclistes par les conducteurs.14

Pourquoi la réduction de la vitesse de circulation rend-elle la route plus sécuritaire pour les cyclistes?

Le ralentissement de la circulation des véhicules à moteur peut améliorer la sécurité des cyclistes qui empruntent les routes touchées.8 Un examen international de mesures de modération de la circulation (telles que la réduction de la vitesse limite et les dos d'ânes) a démontré que les accidents de la route de tous types, dont ceux impliquant des cyclistes enfants et adultes, avaient globalement décliné de 15 pour cent, et de 25 pour cent dans les rues résidentielles.15 Lorsque 20 villes du Royaume-Uni ont établi des zones de modération de la circulation au sein desquelles la vitesse limite était de 40 km/h, les blessures subies par les enfants cyclistes ont diminué de 48 pour cent.16

Quels sont les coûts et les avantages pour les casques cyclistes?

On estime que chaque dollar investi dans les casques permet d'économiser 30 $ en coûts pour la société.17
De plus, chaque lésion cérébrale grave entraîne des dépenses de plus de 400 000 $ pour notre système de santé au moment du traumatisme. Les dépenses demeurent sensiblement les mêmes dans les années suivant l'incident en raison de frais indirects et du traitement de suivi.18

Les parents devraient-ils porter le casque de vélo?

Les parents peuvent représenter un modèle positif pour leurs enfants. Des recherches ont démontré que lorsque le parent porte un casque cycliste à vélo en compagnie de son enfant, ce dernier a tendance à porter un casque.19

Pourquoi les casques de vélo homologués par la CSA sont-ils difficiles à trouver dans les magasins du Canada?

Bien que la CSA ait adopté une norme concernant les casques de vélo, mais aucune obligation juridique n'oblige les fabricants de casques de vélo à concevoir leurs casques conformément à cette norme. Puisque la majorité des fabricants de casques sont situés aux États-Unis, et que le marché américain est considérablement plus vaste que son équivalent canadien, les fabricants conçoivent leurs casques conformément aux normes stipulées par les lois des États-Unis.

Notes de fin d'ouvrage

1 Cragg S, Cameron C, Craig CL. 2004 national transportation survey. Ottawa, ON: Canadian Fitness and Lifestyle Research Institute; 2006.
2 Victorian Injury Surveillance System. Recreational injury to older children (10-14 year olds). Victoria, AU: Monash University; 1997.
3 Public Health Agency of Canada. Injuries associated with wheeled, non-motorized devices. In. Ottawa: The Canadian Hospitals Injury Reporting and Prevention Program (CHIRPP), All ages, 1990-2007.
4 Canadian Bike Helmet Coalition. Bike helmets for children: how to organize a community project. Ottawa; 1994.
5 Thompson D, Rebolledo V, Thompson RS, Kaufman A, Rivara FP. Bike speed measurements in a recreational population: validity of self reported speed. Inj Prev 1997;3(1):43-5.
6 Thompson DC, Rivara F, Thompson R. Helmets for preventing head and facial injuries in bicyclists. The Cochrane Database of Systematic Reviews 2009(1).
7 Attewell RG, Glase K, McFadden M. Bicycle helmet efficacy: a meta-analysis. Accid Anal Prev 2001;33(3):345-52.
8 World Health Organization. World report on road traffic injury prevention. Geneva: World Health Organization; 2004.
9 Karkhaneh M, Kalenga JC, Hagel BE, Rowe BH. Effectiveness of bicycle helmet legislation to increase helmet use: a systematic review. Inj Prev 2006;12(2):76-82.
10 Macpherson A, Spinks A. Bicycle helmet legislation for the uptake of helmet use and prevention of head injuries. Cochrane Database of Systematic Reviews 2008(3):CD005401.
11 Finch CF. Teenagers' attitudes towards bicycle helmets three years after the introduction of mandatory wearing. Inj Prev 1996;2(2):126-30.
12 Finnoff JT, Laskowski ER, Altman KL, Diehl NN. Barriers to bicycle helmet use. Pediatrics 2001;108(1):E4.
13 Leblanc J, Huybers S. Improving bicycle safety: the role of paediatricians and family physicians. Paediatric Child Health 2004;9(5):315-8.
14 Kwan I, Mapstone J. Interventions for increasing pedestrian and cyclist visibility for the prevention of death and injuries. The Cochrane Collaboration; 2006.
15 Elvik R. Area-wide urban traffic calming schemes: a meta-analysis of safety effects. Accid Anal Prev 2001;33(3):327-36.
16 Webster D, Mackie A. Review of traffic calming schemes in 20 mph zones. Crowthorne: TRL Limited; 1996. (TRL Report 215).
17 Miller TR, Levy DT. Cost-outcome analysis in injury prevention and control: eighty-four recent estimates for the United States. Med Care 2000;38(6):562-82.
18 ThinkFirst Canada. Brain injury fact sheet. In. Toronto: ThinkFirst Canada.
19 Khambalia A, MacArthur C, Parkin PC. Peer and adult companion helmet use is associated with bicycle helmet use by children. Pediatrics 2005;116(4):939-42.