La Trousse à outils de commotion

Éducation sur les commotions cérébrales

Cette section a pour objet de sensibiliser la collectivité et d’influencer les comportements en informant diverses parties prenantes sur l’atténuation des risques de commotion dans les sports d’équipe. Elle comprend des ressources de développement des compétences et de sensibilisation du public, afin d’informer les gens sur les façons de prévenir les commotions, reconnaître les signes et symptômes d’une commotion, et prendre les mesures nécessaires pour gérer en toute sécurité une personne commotionnée.

Tout le monde peut subir une commotion « invisible » dans sa vie. La commotion a non seulement des conséquences sur l’étudiant-athlète, mais également sur ses parents, entraîneurs et éducateurs. La section consacrée à l’éducation dans cette trousse à outils vous explique les différents aspects d’une commotion.

Qu’est-ce qu’une commotion?

Une commotion est une blessure au cerveau qui ne peut être détectée par des rayons X, un tomodensitogramme ou une imagerie par résonnance magnétique. Elle affecte la façon dont une personne pense et se rappelle des choses, et peut causer divers symptômes. Tout coup à la tête, au visage ou au cou, ou même au corps, qui cause une secousse du cerveau à l’intérieur du crâne, peut entraîner une commotion (p. ex., un ballon sur la tête au soccer ou une mise en échec contre la bande au hockey).

On se demande souvent, « quelle est la différence entre une commotion et une blessure au cerveau? ». Aucune. Une commotion est une forme de blessure au cerveau. Il existe d’autres types de blessures au cerveau telles que les hémorragies et les ecchymoses au cerveau.

Les commotions causent divers signes et symptômes, notamment :

 

Physique Cognitif (pensée) Émotif
maux de tête confusion générale ou esprit embrouillé plus émotif
nausées ou vomissements difficulté à se concentrer irritabilité
étourdissements problèmes de mémoire tristesse
vision trouble   nervosité ou anxiété
fatigue ou manque d’énergie    
sensibilité à la lumière ou au bruit    
perte de conscience    

  
Il faut du temps pour récupérer d’une commotion, entre autres, suivre la bonne marche avant de retourner au jeu, à l’école et à la vie courante. Consulter un médecin ayant reçu la formation nécessaire pour reconnaître et gérer les commotions, et suivre les étapes de Retour au jeu afin de se rétablir d’une commotion.                

Une personne commotionnée doit être retirée immédiatement de l’activité et évaluée par un médecin. Comme les symptômes peuvent s’aggraver durant la journée où la blessure a été subie, ou même le lendemain ou le surlendemain, vous ne devez pas reprendre l’activité. Lorsque vous avez subi une commotion, votre jugement face à une situation peut être altéré.

Les symptômes post-commotionnels peuvent s’intensifier lors de la pratique d’une activité mentale ou physique; il est donc important de suivre les étapes de retour à l’activité.

Ces étapes ne correspondent pas aux jours, bien que chaque étape nécessite un délai de 24 heures entre chacune d’elles, et le double pour les enfants et adolescents. Si les symptômes reviennent durant le processus, la personne doit cesser l’activité et se reposer jusqu’à ce que les symptômes aient disparu avant de reprendre l’activité. Si les symptômes persistent, consultez un médecin.

Familiarisez-vous avec les signes et symptômes d’une commotion en faisant ce mot-mystère amusant.

Regardez cette courte vidéo du Dr Mike Evans, intitulée « Commotion 101,(seulement en anglais) une introduction pour parents et enfants ».

Voici quelques préoccupations courantes liées aux commotions :

Syndrome post-commotion (SPC)

La Clinique Mayo définit le syndrome post-commotion (seulement en anglais) comme un trouble complexe selon lequel un ensemble variable de symptômes post-commotion (p. ex., maux de tête, étourdissements) peuvent durer plusieurs semaines et même plusieurs mois suite à la blessure ayant causé la commotion.

Syndrome de deuxième impact (SDI)

La Clinique Mayo définit le syndrome de deuxième impact comme une enflure rapide du cerveau qui peut s’avérer catastrophique si la personne touchée souffre d’une deuxième blessure à la tête avant que les symptômes de la première aient disparu. Bien que cette condition soit rare, elle peut causer le décès.

La commotion et le cerveau en croissance

Au fur et à mesure que le corps d’un enfant grandit, se développe et change, son cerveau change également. Une blessure au cerveau durant cette étape de la vie peut nuire temporairement à la façon dont le cerveau fonctionne, et interrompre le développement des aptitudes cognitives et à la communication essentielles. Les enfants (seulement en anglais) peuvent être touchées de diverses façons par une commotion et ressentir différents symptômes, notamment :

  • Traitement moins rapide de l’information
  • Problème de mémoire à court terme
  • Problème de concentration
  • Irritabilité/dépression
  • Fatigue/troubles du sommeil
  • Sentiment général de « confusion »
  • Difficultés académiques

Des mesures adéquates doivent être prises pour s’assurer que la commotion de l’enfant est diagnostiquée correctement. La gestion d’une commotion ne doit pas être axée uniquement sur le retour au jeu, mais aussi le retour à l’école, au travail (le cas échéant) et à la vie quotidienne.

Attitude et comportement face à une commotion

Une commotion est une blessure physique. La personne commotionnée doit réduire le stress sur la blessure, cesser le sport, l’école, etc., faire les exercices recommandés par le médecin, et laisser la blessure guérir, tout comme elle le ferait dans le cas d’une blessure physique visible.

Une commotion est souvent considérée comme une « blessure invisible ». (seulement en anglais) Lorsqu’on ne possède pas les connaissances nécessaires à ce sujet, il est difficile d’adopter la bonne attitude et le bon comportement concernant une commotion ou la façon d’être traité, de « se comporter » avec une personne commotionnée, ainsi que les mesures à prendre pour se sentir mieux sur le terrain et à l’extérieur de celui-ci. Une formation adéquate constitue l’une des façons de s’informer à ce sujet, et par conséquent, de modifier notre attitude et notre comportement concernant les commotions.     

Voici un exemple :

Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), en collaboration avec des partenaires et experts, ont développé pour les entraîneurs d’école secondaire une trousse à outils qui comprend de l’information pratique et conviviale sur les commotions, afin de réduire l’incidence de blessures. Sarmiento et autres ont procédé à une évaluation de l’efficacité de la trousse à outils en matière d’amélioration des connaissances, attitudes et pratiques liées à la prévention et la gestion des commotions.

Grâce à un sondage déclaré par les intéressés, les répondants ont signalé des changements positifs dans le comportement, l’attitude et les pratiques menant à la prévention et à la gestion des commotions. Les entraîneurs ont indiqué que la trousse à outils avait modifié leur perception de la gravité des commotions, et qu’ils avaient pris les mesures nécessaires pour éduquer les gens sur la prévention et la gestion des commotions.1

Il est important d’être bien renseigné sur les commotions, et d’avoir la bonne attitude face à cette blessure. En rehaussant vos connaissances, vous comprendrez mieux ce que vit une personne commotionnée, et pourrez l’aider à retourner au jeu et à l’école.

Commotion et gestion du stress

Toute personne commotionnée peut vivre des moments stressants durant la période de rétablissement. Il peut être utile pour ces gens d’avoir accès à des ressources de soutien.

Voici quelques exemples ce que vous pouvez faire :

  • Faire part de vos préoccupations à votre médecin de famille et/ou professionnel de la santé traitant.
  • Discuter avec des gens qui ont été victimes d’une commotion.
  • Être patient. La patience constitue la clé d’un retour à la vie quotidienne sécuritaire, telle que l’école.

Plusieurs outils de gestion du stress peuvent vous aider en cas de commotion. Rédiger un journal personnel est une belle occasion de prendre une pause durant la journée afin de coucher sur papier ce qui vous préoccupe. La rédaction d’un journal personnel durant cette période éprouvante a deux fins : la première consiste à revivre le moment et décrire ce qui est arrivé, et ce dont vous vous rappelez ou comment vous vous sentiez. Ces connaissances vous aident à évaluer les progrès réalisés dans le cadre de votre plan de rétablissement.

Deuxièmement, la rédaction d’un journal personnel est un excellent outil d’apprentissage. C’est un milieu vous permettant d’analyser en toute quiétude la mesure dans laquelle un changement de comportement ou de façon de penser peut donner des résultats différents. Au début, il se peut que vous soyez inconfortable. Tout comme lorsque vous adoptez une nouvelle habitude positive, il faut du temps, un engagement et un lieu et un moment tranquilles pour rédiger un journal. Chaque personne est différente. Voici quelques sujets abordés par ceux qui tiennent un journal personnel :

  • pensées
  • idées
  • interactions avec autrui
  • sentiments
  • déceptions
  • préoccupations
  • réalisations 

Professionnels des commotions

Il est important que la victime consulte un médecin ou un professionnel de la santé qualifié afin de recevoir un traitement adéquat pour sa commotion, ou d’assurer sa gestion. Si possible, il est important de consulter un médecin ayant de l’expérience dans le traitement des commotions. Les médecins spécialisés en médecine sportive ont suivi une formation leur permettant de reconnaître, traiter et gérer les commotions.

Contactez l’Académie canadienne de médecin du sport et de l’exercice (ACMSE) afin de trouver un médecin spécialisé dans ce domaine près de chez vous.

Le dernier mot sur les commotions

Les déclarations de consensus, lignes directrices et lois sur les commotions ont été rédigées de manière à fournir des renseignements exacts et mis à jour sur els commotions.

La Déclaration de consensus sur les commotions dans le sport : 4th Congrès international sur les commotions dans le sport  (seulement en anglais) (tenu à Zurich en novembre 2012) fut élaborée pour usage par des médecins, thérapeutes, soigneurs athlétiques certifiés, entraîneurs, et autres personnes impliquées dans les soins aux athlètes blessés, que ce soit au niveau récréatif, élite ou professionnel. Les sujets abordés : les commotions, l’évaluation des commotions, les enquêtes sur les commotions, la gestion des commotions, les facteurs modifiant la gestion des commotions, les populations spéciales, la prévention des blessures, le transfert de connaissances, les directions futures et les aspects médicaux-légaux.

Le 4e Congrès international sur les commotions dans le sport a eu lieu à Zurich, en Suisse, les 1er et 2 novembre 2012. Ce congrès a permis d’aborder plusieurs sujets de recherche, notamment : le rôle de l’équipement de protection par rapport aux commotions : l’importance de créer une version pour enfants de l’outil d’évaluation des commotions dans le sport (SCAT) et de l’encéphalopathie traumatique chronique (ECT). Le congrès également aborder la question du retour au jeu, le rôle du repos dans le retour au jeu, la valeur du test d’équilibre, et la gestion des commotions dans les régions éloignées. Pour de plus amples renseignements sur le congrès, prière de consulter le communiqué de presse de la FIFA sur YouTube. Les lignes directrices émises par le Consensus seront affichées lorsqu’elles seront disponibles.

Les recommandations de la Société canadienne de la pédiatrie ne sont que des lignes directrices fondées sur les données actuelles, ainsi que des opinions d’experts. La déclaration traite de : la définition et la classification des commotions, l’évaluation des commotions, notamment les signes et symptômes, les enquêtes, les lignes directrices sur la gestion des commotions et le retour au jeu, et la prévention. Comme la science des commotions est en pleine évolution, on encourage les médecins à demeurer conservateurs dans la gestion des enfants et adolescents ayant subi une commotion en pratiquant un sport.

Projet de loi 39 : Loi modifiant la Loi sur l’éducation en ce qui a trait aux commotions cérébrales en Ontario. Le projet de loi amende la Loi sur l’éducation et exige que les conseils établissent des politiques et des lignes directrices concernant les blessures à la tête et les commotions, et qu’ils abordent certains sujets spécifiques.

Notes

1. Sarmiento, K. et autres (2010). Évaluation du projet des Centres de prévention et de contrôles des maladies sur les commotions à l’intention des entraîneurs d’école secondaire : « Heads Up: Concussion in High School Sports ». Journal of School Health, 80 (3) 112-118.