La Trousse à outils de commotion

Commotion cérébrale – Questions et réponse

Les commotions sont considérées comme des blessures « invisibles », car leurs effets n’apparaissent pas sur les tests d’imagerie médicale comme les rayons X ou les tomodensitogrammes.

1. Qu’est-ce qu’une commotion?

Une commotion est une forme courante de blessure à la tête et au cerveau qui peut être causée par un coup direct ou indirect à la tête ou au corps (par exemple, un accident de voiture, une chute ou une blessure sportive). Elle peut changer la fonction du cerveau, ce qui entraîne divers symptômes. Une commotion ne cause aucune blessure visible à la structure du cerveau, ce qui fait en sorte que les résultats des tests de résonance magnétique ou de tomodensitogramme semblent généralement normaux.

2. Qu’arrive-t-il en réalité?

Lorsqu’une personne souffre d’une commotion, le cerveau tremble ou se déplace à l’intérieur du crâne, et peut se cogner contre la surface osseuse du crâne. Un coup dur au corps peut causer une blessure accélération-décélération lorsque le cerveau entre en contact avec les protubérances osseuses à l’intérieur du crâne. De telles forces peuvent également causer une blessure rotative qui fait en sorte que le cerveau s’entortille, créant ainsi une rupture potentielle des fibres nerveuses du cerveau. On ne sait pas exactement ce qui arrive aux cellules du cerveau lors d’une commotion, mais le mécanisme semble impliquer un changement dans la fonction chimique.

Dans les minutes suivant une commotion, les cellules du cerveau demeurent vulnérables. Une nouvelle recherche met l’accent sur le fait que le problème ne se situe pas nécessairement au niveau de la structure du tissu cérébral, mais plutôt la façon dont le cerveau fonctionne. La durée exacte de ce changement n’est pas claire. Durant cette période, le cerveau fonctionne anormalement de façon temporaire, et s’avère plus vulnérable à une autre blessure à la tête.

3. Comment les commotions surviennent-elles?

La plupart des commotions sont causées par une collision avec un objet pendant que l’objet ou la personne se déplace à haute vitesse. Ces forces (et d’autres) peuvent entraîner une décélération et des blessures rotatives causant une commotion.

4. À qui faut-il en parler?

Il est important de consulter un médecin immédiatement après avoir encaissé un coup violent à la tête ou au corps. Souvent, les commotions ne sont pas traitées (ou même ignorées par d’autres), car les symptômes sont invisibles pour un observateur ordinaire. Les symptômes d’une commotion ne sont parfois identifiés que lorsque la victime s’est rétablie au point où l’effort physique accru aggrave les symptômes.

Bien que les symptômes ne soient pas immédiatement apparents, il est important d’être conscient des changements physiques, cognitifs et émotifs possibles. Les symptômes peuvent s’aggraver durant la journée où la blessure a été subie, ou même le lendemain. Sans traitement adéquat, une commotion peut causer des problèmes permanents et nuire sérieusement à la qualité de vie d’une personne.

Étant donné qu’une commotion affecte la fonction du cerveau, et peut causer des symptômes tels que la perte de mémoire ou l’amnésie, il est important que les autres personnes connaissent les signes et symptômes des commotions afin d’identifier la blessure subie par la victime. Les victimes doivent cesser toute activité (notamment sport, travail et école) immédiatement, ne pas conduire, et consulter un médecin sans tarder.

5. Symptômes d’une commotion

Suite à une commotion, les victimes peuvent montrer différents signes et symptômes. Un symptôme est quelque chose qu’un athlète ressent, alors qu’un signe est quelque chose qu’un ami, un parent ou un entraîneur constate. Il ne faut pas oublier que certains symptômes apparaissent immédiatement, alors que d’autres apparaissent plus tard. Aucune commotion n’est identique. Les signes et symptômes varient pour chaque personne. Certains sont plus subtils que d’autres, et peuvent passer inaperçus aux yeux de la victime, de ses collègues, parents et amis.

6. Dépistage et diagnostic

Les commotions légères peuvent guérir grâce à du repos et une bonne gestion du cas dans un délai d’une ou deux semaines. Par contre, les commotions qui ne sont pas diagnostiquées peuvent causer des problèmes de santé plus graves et à plus long terme. L’étape la plus importante consiste à d’abord consulter un médecin, de préférence quelqu’un qui est familier avec la gestion des commotions.

Plusieurs facteurs potentiels peuvent éclairer les diagnostics, la gestion des commotions et le rétablissement, bien que plusieurs d’entre eux fassent toujours l’objet d’une recherche afin de trouver le lien exact. Par exemple, la gravité dépend souvent de divers facteurs, tels que les antécédents de blessures à la tête de la victime, notamment le nombre de commotions subies, la durée de rétablissement, le temps écoulé entre chaque commotion, l’âge et le style de jeu. Ces facteurs peuvent faire en sorte que le rétablissement sera plus lent et différent, et c’est pourquoi il est important que les antécédents en matière de commotions soient connus et analysés.

Un retour à l’activité alors que la victime est toujours commotionnée et ressent les symptômes accroît le risque d’une autre commotion, de symptômes plus intenses, et d’un rétablissement prolongé.

Le diagnostic d’une commotion est un processus comportant plusieurs étapes. Un médecin peut poser des questions sur les antécédents en matière de commotions et de travail/sport, les autres blessures subies récemment, et procéder à un examen neurologique. Cela inclut vérifier votre mémoire, concentration, vision, coordination et équilibre. D’autres tests, notamment un examen à résonance magnétique ou un tomodensitogramme, peuvent servir à évaluer s’il y a eu d’autres blessures au crâne ou au cerveau, mais ils ne peuvent déterminer s’il y a eu commotion. Dans la majorité des cas, ces tests ne montrent aucun dommage évident. Parfois, les tests neurophysiologiques sont importants, car ils peuvent identifier les problèmes cognitifs subtils (p. ex., mémoire, concentration) causés par la commotion, et aider à planifier le retour aux activités pratiquées avant la blessure. En outre, un test d’équilibre peut s’avérer nécessaire. Ces tests sont généralement coordonnés par un expert des commotions.

7. Quand puis-je reprendre mes activités?

Les victimes ne doivent pas reprendre leurs activités ou jouer avant d’avoir réussi le test des 6 étapes avant un retour au jeu, et obtenu l’autorisation du médecin. Une personne commotionnée doit cesser immédiatement l’activité et être examinée par un médecin. Comme les symptômes peuvent s’aggraver après l’événement, les victimes ne doivent pas reprendre l’activité. Une personne commotionnée n’est pas toujours en mesure d’évaluer correctement les situations et les événements. Les symptômes post-commotionnels peuvent s’intensifier lors de la pratique de l’activité; il est donc important que le retour soit graduel et supervisé par un professionnel de la santé.

8. Prévention

Il est important d’adopter une approche préventive lorsqu’on traite les commotions. Ceci est particulièrement vrai suite à une commotion récente. La prévention des commotions et des blessures à la tête s’avère efficace lorsque les coéquipiers et collègues sont bien informés, et que les règles de sécurité du milieu de travail et sportif sont mises en application. Le respect de la sécurité d’autrui doit être mis en évidence. Étant donné que les commotions sont des blessures invisibles, les renseignements à ce sujet doivent être transmis aux autres, afin de les informer de la blessure et de leur fournir les renseignements nécessaires sur les commotions.

L’équipement de protection peut réduire le risque et la gravité des blessures à la tête. Il est important de porter un casque de bonne qualité, bien ajusté pour les milieux de travail et les sports de collision. Les procédures de sécurité doivent être respectées sur les chantiers, et l’équipement de protection doit être certifié et bien entretenu.