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Gaz radon

Gaz radon

Qu’est-ce que le radon?

Le radon est un gaz radioactif qui est produit naturellement par la désintégration graduelle de l’uranium contenu dans le roc et le sol. Le radon peut entrer dans les maisons et les autres bâtiments par les fissures dans les murs ou le plancher de la fondation, ou par les brèches laissées autour des tuyaux, des châssis de fenêtres, des drains de plancher, des puisards et des autres ouvertures. L’infiltration de gaz par le sol est la plus importante source de radon dans les environnements intérieurs. Les autres sources de moindre importance peuvent comprendre l’eau de puits et certains matériaux de construction.

Vous ne pouvez ni voir, ni goûter, ni sentir le radon. Le seul moyen de connaître la concentration dans une maison ou un autre bâtiment consiste à effectuer un test. Des trousses de mesure que vous pouvez utiliser vous-même sont disponibles dans la plupart des quincailleries et des centres de rénovation de même qu’en ligne. Cette tâche peut également être effectuée par un professionnel spécialisé dans la mesure du radon.

Santé Canada a établi une limite de 200 becquerels par mètre cube (200 Bq/m3) pour la concentration de radon dans l’air à l’intérieur des habitations. Un becquerel est une unité de mesure de la désintégration radioactive. L’Organisation mondiale de la santé utilise quant à elle une fourchette allant de 100 à 300 Bq/m3, la limite supérieure étant jugée acceptable si la limite idéale de 100 Bq/m3 ne peut être atteinte en raison des conditions spécifiques aux différents pays.

Quels sont les risques pour la santé de l’exposition au radon?

L’exposition à de fortes concentrations de radon dans l’air ambiant augmente le risque de développer un cancer du poumon. 

L’exposition à long terme à des concentrations élevées de radon constitue, après le tabagisme, la deuxième cause du cancer du poumon, et elle constitue la première cause du cancer du poumon chez les non-fumeurs.

Selon Santé Canada, le radon est responsable au Canada de 16 % des décès associés au cancer du poumon.

Le risque de développer un cancer dépend de la concentration de radon et de la durée d’exposition d’une personne à cette concentration.

L’exposition à la fumée de cigarette combinée à de fortes concentrations de radon augmente significativement le risque de développer un cancer du poumon. Une personne qui a été exposée pendant longtemps à de fortes concentrations de radon a une chance sur vingt de développer un cancer du poumon. Lorsque l’exposition à long terme à de fortes concentrations de radon est concomitante à une exposition à la fumée de cigarette, le risque de développer un cancer du poumon augmente à une chance sur trois.

Le cancer du poumon est une maladie mortelle. Il constitue la principale cause de décès par cancer chez les hommes comme chez les femmes, et est responsable de plus du quart de tous les cas de décès par cancer1. Environ huit personnes sur dix atteintes d’un cancer du poumon en mourront. En moyenne, 70 Canadiens par jour reçoivent un diagnostic positif de cancer du poumon, et chaque jour, ce sont en moyenne 55 de ceux-ci qui en meurent2. Le cancer du poumon est rarement observé chez l’enfant. Toutefois, les effets d’une exposition à des substances cancérigènes, comme la fumée du tabac et le radon, sont cumulatifs – plus une personne est exposée longtemps, plus le risque est élevé. Ainsi, prévenir l’exposition au radon durant l’enfance réduira ce risque au cours de sa vie.

Une recherche menée par Santé Canada3 souligne l’importance de prévenir l’exposition au radon durant l’enfance. Un enfant exposé pendant seulement deux ans à une concentration de radon de 8 000 Bq/m3 a les mêmes chances de développer un cancer du poumon qu’une personne qui a vécu toute sa vie dans une maison dont la concentration en radon est légèrement supérieure à 200 Bq/m3.

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Où retrouve-t-on du radon au Canada?

Le radon se retrouve partout au Canada. Les concentrations diffèrent, mais sont habituellement plus élevées dans les régions où le sol et le roc sous-jacent contiennent plus d’uranium. Entre 2009 et 2011, Santé Canada a mené une enquête pancanadienne sur les concentrations de radon dans les habitations, et a mesuré les concentrations de ce gaz dans près de 14 000 échantillons récoltés dans les maisons. Les résultats de cette étude de deux ans indiquent que 6,9 % des Canadiens vivent dans des maisons recélant des concentrations de radon supérieures à la limite de 200 Bq/m3 en vigueur pour ce gaz.

Bien que les résultats d’une telle enquête ne puissent être utilisés afin de prédire les concentrations de radon pour une maison donnée ou un quartier donné, les résultats montrent que certaines régions ont une prévalence plus élevée de maisons susceptibles de recéler des concentrations supérieures à la limite fixée par Santé Canada. Par exemple, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba, il est estimé que plus d’une maison sur cinq recèle des concentrations en radon supérieures à 200 Bq/m3. Le rapport complet de l’enquête pancanadienne peut être consulté au www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/radiation/radon/survey-sondage-fra.php

La concentration de radon varie d’une maison à l’autre, même si elles sont semblables et voisines l’une de l’autre. La quantité de radon retrouvée dans une maison dépend de plusieurs facteurs, dont les suivants :

En raison de l’intervention de tous ces facteurs, il n’est pas possible de prédire la concentration de radon dans une maison. La seule manière de la déterminer avec certitude, c’est d’effectuer un test.

Comment déterminer la concentration de radon dans un bâtiment, et que faire si de fortes concentrations sont détectées?

Les résidents peuvent déterminer la concentration de radon dans leurs maisons en se servant eux-mêmes d’une trousse de mesure qu’il est possible de retrouver dans la plupart des quincailleries et des centres de rénovation ou encore en ligne. Il est recommandé d’effectuer un test de longue durée (au moins trois mois) durant l’hiver, alors que les fenêtres et les portes sont généralement fermées. Le test consiste à placer un petit échantillonneur passif sur l’étage habité le plus bas de la maison ou du bâtiment, et à le laisser là pendant au moins trois mois sans le déplacer. Le dispositif devrait être placé sur une surface sécuritaire (ex. : une étagère ou une table) éloignée de toute bouche de chauffage ou de climatisation, fenêtre ou porte. À la fin de la période de test, le dispositif de détection devrait être placé dans l’enveloppe scellée fournie à cet effet et envoyé par la poste au laboratoire pour y être analysé. Normalement, les résultats sont envoyés par courrier ou par courriel après quelques semaines.

Si la concentration de radon est supérieure à la limite de 200 Bq/m3 fixée par Santé Canada, des mesures devraient être entreprises afin de réduire la concentration de radon. Si la concentration se situe entre 200 et 600 Bq/m3, Santé Canada recommande d’agir dans un délai de deux ans afin de réduire la concentration de radon. Si la concentration est égale ou supérieure à 600 Bq/m3, des mesures de mitigation devraient être entreprises au cours de la même année.

Il existe différents moyens de réduire la concentration de radon dans une maison ou un bâtiment : installer un système d’atténuation du radon, sceller les fissures et les ouvertures dans la fondation ou augmenter la ventilation.

Dans la majorité des cas, l’installation d’un système d’atténuation du radon constituera le meilleur moyen d’abaisser la concentration de ce gaz à un niveau acceptable. La dépressurisation active du sol sous la dalle est la technique d’atténuation du radon la plus efficace et la plus fiable. Cette méthode requiert l’installation d’un tube à travers la dalle de plancher de la fondation, dont l’une des extrémités est placée à l’extérieur du bâtiment (soit au niveau du toit ou d’un mur extérieur). Un ventilateur relié à ce tube fonctionnant en permanence aspire le radon à partir du dessous de la maison vers l’extérieur, où il est rapidement dispersé.

Les services d’un entrepreneur certifié dans l’atténuation du radon devraient être retenus pour effectuer ce genre d’opération. Afin d’en trouver un, communiquez avec le Programme national de compétence sur le radon au Canada (PNCR-C) au 1 800 269-4174, l’Association canadienne des scientifiques et technologues du radon (ACSTR) à info@carst.ca ou Santé Canada à radon@hc-sc.gc.ca.

Il est important de reprendre une mesure de la concentration de radon à la suite des travaux d’atténuation afin de s’assurer que celle-ci est descendue en deçà de la limite prescrite.

Des directives complètes sur la mesure et l’atténuation des concentrations de radon peuvent être trouvées dans la publication de Santé Canada intitulée Le radon – Guide de réduction pour les Canadiens accessible au www.hc-sc.gc.ca/ewh-semt/pubs/radiation/radon_canadians-canadiens/index-fra.php

Actuellement, les propriétaires de maison et de logements au Canada ne sont pas légalement tenus de procéder à des mesures de radon ou d’entreprendre des mesures d’atténuation si de fortes concentrations de radon sont détectées.

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1 Société canadienne du cancer. www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/lung/statistics/?region=pe

2 Association pulmonaire du Canada. www.poumon.ca/lung101-renseignez/statistics-statistiques/lungdiseases-maladiespoumon/index_f.php

3 Chen, J. 2013. « Canadian lung cancer relative risk from radon exposure for short periods in childhood compared to a lifetime ». Int. J. Environ. Res. Public Health, 10 : 1916-1926.